Tchad : Pahimi Padacké défend la nationalité de tous
Tchad : Albert Pahimi Padacké s’exprime sur la question de la nationalité des Tchadiens
Le 11 septembre prochain, le Rassemblement national des démocrates tchadiens (RNDT-Le Réveil) marquera son 30e anniversaire. À l’aube de cet événement, Albert Pahimi Padacké, président du parti, partage ses réflexions sur des enjeux politiques actuels au cours de l’émission « Sans Filtre » de Tchadinfos. L’une des questions cruciales abordées est celle de la perte de la nationalité par certains citoyens tchadiens, une situation que Pahimi Padacké déplore ouvertement.
Fondé en 1996, dans les premières années de la démocratisation du Tchad, le RNDT-Le Réveil a été créé dans un contexte de défis politiques significatifs. « RNDT-Le Réveil est né dans des circonstances absolument difficiles. 1996, ça veut dire six ans après l’avènement de la démocratie dans notre pays », a rappelé Albert Pahimi Padacké. Cette période testait les capacités des nouveaux partis politiques à naviguer dans un environnement démocratique naissant.
Pahimi Padacké, qui a commencé sa carrière politique au sein du Rassemblement national pour le développement et le progrès (RNDP), dirigé par Nouradine Delwa Kassiré Coumakoye, souligne les valeurs d’intégrité et de rigueur dans ses choix politiques. Malgré son départ, il insiste sur le fait que celui-ci n’avait aucune source politique, mais était motivé par d’autres facteurs.
La question de la déchéance de nationalité, cependant, reste au cœur de ses préoccupations actuelles. En septembre 2025, un décret du ministre de l’Administration du territoire et de la Décentralisation a retiré la nationalité de Nguebla Makaïla et Charfardine Galmaye Saleh, sous l’accusation d’« intelligence avec les puissances étrangères » et d’« activités incompatibles avec la qualité de citoyen tchadien ». Pour Albert Pahimi Padacké, de telles mesures sont questionnables.
« Il y a des compatriotes qui ont perdu leur nationalité. Je pense que ce n’est pas une bonne chose. Il n’est pas bon pour l’État de renier les siens, quelle que soit leur opinion », a-t-il affirmé. Selon lui, aucune situation ne justifie que des citoyens perdent leur nationalité simplement en raison de divergences politiques. Albert Pahimi Padacké plaide pour que l’État reconsidère sa position et rétablisse ces individus dans leur droit de citoyenneté.
Face à cette situation, l’ancien Premier ministre appelle à un climat d’apaisement et de dialogue ouvert. Il encourage le chef de l’État à poursuivre les mesures de grâce initiées précédemment et à reconsidérer ces situations de perte de nationalité. « J’encourage le chef de l’État, dans l’élan de cet apaisement qu’il a enclenché avec la Grâce, à rapporter les décrets qui ont enlevé la nationalité à des compatriotes », propose-t-il, espérant ainsi favoriser un climat politique plus inclusif et tolérant.
En célébrant le parcours de son parti et en abordant des questions d’actualité délicates, Albert Pahimi Padacké démontre son attachement aux principes démocratiques fondamentaux, appelant les autorités à préserver les droits et la dignité de tous les Tchadiens. Son engagement s’inscrit dans une vision d’un Tchad unifié et respectueux de la diversité des opinions.