Aide de 4 millions de dollars de la FAO pour prévenir la famine dans quatre provinces du Tchad
L’ONU renforce son aide au Tchad face à la crise alimentaire
L’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) déploie une aide d’urgence au Tchad, avec un financement de 4 millions de dollars du Fonds humanitaire régional. Cette initiative vise à atténuer la crise alimentaire sévère dans les régions du Ouaddaï, Wadi Fira, Sila et la province du Lac, exacerbée par l’insécurité croissante et les déplacements forcés.
Grâce à ce financement, 12 200 ménages, représentant environ 72 200 personnes identifiées comme en situation critique selon le Cadre harmonisé, recevront une assistance directe. Le plan d’action se décline en trois axes principaux : des transferts monétaires directs dits « cash+ », l’approvisionnement en semences et outils agricoles pour encourager la production maraîchère, et la distribution de nourriture pour bétail, visant à soutenir les agriculteurs et éleveurs locaux.
L’objectif premier de cette intervention est de répondre aux besoins alimentaires immédiats tout en préservant les capacités de production agricole, cruciales durant la saison de soudure. En évitant la nécessité de vendre des semences ou du bétail, l’initiative cherche à réduire le recours à des mécanismes d’adaptation délétères, souvent choisis par les populations en détresse.
Aristide Ongone Obame, représentant de la FAO au Tchad, souligne l’urgence de l’action : « Face à l’insécurité alimentaire aiguë qui afflige les populations les plus vulnérables, il est impératif d’agir rapidement pour prévenir des pertes irréparables en termes de moyens de subsistance. »
Les récentes données du Cadre harmonisé révèlent que 3,3 millions de Tchadiens, soit 20 % de la population étudiée, subissent une insécurité alimentaire alarmante entre juin et août 2025. Cette situation critique résulte de la conjugaison de conflits localisés, de chocs climatiques sévères, et de déplacements prolongés, qui mettent une pression considérable sur les ménages ruraux, particulièrement les femmes et les enfants, déjà exposés à la malnutrition.
Le Fonds humanitaire du Tchad, géré par l’OCHA, joue un rôle crucial en fournissant des ressources financières flexibles pour soutenir les crises sous-financées. Ce fonds complète le Fonds central d’intervention d’urgence de l’ONU, garantissant que l’aide parvienne aux zones les plus nécessiteuses.
En conclusion, alors que le Tchad fait face à une crise alimentaire d’une ampleur sans précédent, les efforts combinés des organisations humanitaires importent plus que jamais pour stabiliser la situation et prévenir une détérioration rapide des conditions de vie des populations affectées.