Arts enfants : financer la rentrée

À Sarh, ville du Moyen-Chari située au sud du Tchad, des enfants ont trouvé un moyen innovant et constructif de passer leurs vacances scolaires. Sous la houlette de Mme Krata Koulngar Eugénie, ces jeunes artisans passent leurs journées à confectionner divers objets d’art en perles afin de se préparer financièrement pour la rentrée scolaire 2026-2027.

La Maison Euro Koul Art de Sarh sert de cadre à cette initiative où ces enfants, âgés de 7 à 15 ans – du cours préparatoire à la première –, reçoivent une formation pratique. Durant un mois, ils ont appris à créer des sacs à main, des ceintures, des porte-stylos et bien d’autres accessoires. Ces objets, fruit de leur travail acharné, sont ensuite vendus dans les rues, les marchés et autres lieux publics de la ville.

Radjianouba Christelle, une des élèves leaders de cette initiative, explique l’impact positif que cette activité a sur leur quotidien. Non seulement cela leur permet d’occuper leurs vacances de manière productive, mais c’est aussi une opportunité d’acquérir des compétences artisanales. « Nous avons appris à fabriquer nous-mêmes ces objets et à les vendre, ce qui nous donne de la confiance et des compétences pratiques précieuses », confie-t-elle.

Les tarifs des créations varient en fonction de la conception et des matériaux utilisés. Un porte-stylo basique peut être acquis à partir de 3 500 francs CFA, tandis que des créations plus sophistiquées sur commande, comme certains sacs à main, peuvent atteindre entre 30 000 et 50 000 francs CFA.

Pour Christelle et ses camarades, ces revenus représentent une aide précieuse pour alléger les charges salariales de leurs familles en prévision des achats de fournitures scolaires, d’uniformes et d’autres dépenses liées à la rentrée. Au-delà de l’aspect financier, ce projet incite les jeunes à se mobiliser et à faire preuve d’initiative dès leur jeune âge.

La cheffe de ce groupe d’artisans appelle les autres jeunes de Sarh à trouver des façons similaires d’utiliser leurs temps libres. Elle les exhorte à s’initier à des activités génératrices de revenus, qu’il s’agisse de petits métiers comme la vente de savonnettes, de friandises ou même d’arachides. À travers ses propos, elle souligne l’importance de l’autonomie et de la contribution personnelle au bien-être familial, citant l’adage bien connu : « Il n’y a pas de sot métier ».

Par ce genre d’initiatives, ces jeunes de Sarh démontrent que la jeunesse peut jouer un rôle actif et positif dans la société, tout en construisant un avenir où compétences et entreprenariat s’entremêlent pour de meilleures perspectives.