Inculpée : l’avocat s’indigne de la photo publiée sur les réseaux
N’Djamena : Polémique autour de la présomption d’innocence d’une inculpée dans une affaire de meurtre
L’affaire du meurtre non élucidé survenu en mai 2026 a récemment pris une nouvelle tournure à la suite des déclarations de Maître Allatan Amos, avocat de Dame Mahadjerie Abdoulaye, l’une des inculpées dans cette affaire. Lors d’un point de presse tenu à N’Djamena le samedi 22 août, l’avocat a exprimé son indignation face à la divulgation de la photo de sa cliente sur les réseaux sociaux, dénonçant une atteinte flagrante à sa présomption d’innocence.
Les faits du meurtre encore flous
En mai 2026, une femme est retrouvée sans vie dans des circonstances qui restent, à ce jour, mal éclaircies. Une enquête judiciaire est alors ouverte suite à la plainte déposée par le conjoint de la victime. Quatre personnes se retrouvent aujourd’hui inculpées dans ce cadre, y compris Dame Mahadjerie Abdoulaye. Cette dernière a été arrêtée au Nigeria, où elle séjournait pour des raisons de santé, sur la base d’un mandat d’arrêt international.
La défense réclame le respect de la présomption d’innocence
Maître Amos a tenu à rappeler avec force que sa cliente, tout comme les autres inculpés, bénéficie de la présomption d’innocence. Il a souligné qu’aucun élément tangible ne permet encore de conclure à la culpabilité de ceux-ci. Il a insisté sur l’importance de ce principe fondamental qui garantit un procès équitable et qui est de surcroît reconnu par la Constitution.
La polémique de la photo diffusée sur Internet
Ce qui a particulièrement irrité l’avocat, c’est la publication de la photo de sa cliente, à visage découvert, sur une page Facebook intitulée « Police du Tchad ». Cette page, dont la certification reste incertaine, a publié l’image sans aucune précaution, exposant ainsi Mahadjerie Abdoulaye à l’opinion publique avant même la fin de l’enquête judiciaire. « Cette publication nuit aux droits de la défense et oriente l’opinion comme si elle était déjà condamnée », a déploré Maître Amos.
Un rappel sur le but des poursuites pénales
Dans une déclaration visant à apaiser les esprits, l’avocat a également précisé que le véritable objectif d’un procès pénal ne réside pas dans l’exclusion du délinquant présumé de la société, mais bien dans la rééducation et la réinsertion de la personne concernée. Il a conclu en réaffirmant que Dame Mahadjerie Abdoulaye clame son innocence et est prête à collaborer pleinement avec le système judiciaire pour retrouver le véritable coupable de ce meurtre.
Les enjeux et le climat social
Cette affaire soulève des questions plus larges sur les pratiques médiatiques et le respect des droits des personnes inculpées dans le cadre d’enquêtes en cours. Alors que les réseaux sociaux jouent un rôle croissant dans la diffusion de l’information, les avocats et les défenseurs des droits de l’homme expriment régulièrement leurs craintes quant à l’impact potentiel sur les procédures judiciaires. Par ailleurs, cette affaire met en lumière l’impérieuse nécessité de balancer entre transparence judiciaire et protection de l’individu, tandis que la société tchadienne reste attentive aux développements de ce dossier complexe.
Le procureur de la République n’a pour l’instant fait aucun commentaire sur la réaction de l’avocat de la défense ni sur la véracité de la page incriminée. Pendant ce temps, l’enquête suit son cours, et tous les yeux sont rivés sur les prochaines étapes judiciaires.