ASRAPA : le 1er service de streaming tchadien
ASRAPA : une première plateforme de streaming 100 % tchadienne
Après six années de développement minutieux, ASRAPA s’apprête à révolutionner le paysage musical tchadien. Ce projet ambitieux, porté par la société SATCHAPROD et fondé par le producteur et réalisateur Djerabé Ndigngar, sera officiellement lancé en décembre 2026. Avec une stratégie innovante, ASRAPA vise à répondre aux défis économiques auxquels la musique tchadienne est confrontée en transformant les écoutes numériques en revenus pour les artistes.
À N’Djamena, la plateforme ASRAPA, première du genre au Tchad, a pour ambition de devenir le point central de la musique locale. Sur un marché largement dominé par des plateformes internationales, ASRAPA entend se distinguer en répondant spécifiquement aux besoins des artistes tchadiens. Sa promesse phare réside dans son modèle économique attrayant : 65 % des revenus nets générés par la plateforme seront reversés aux artistes, proportionnellement au nombre de leurs écoutes. Les paiements sont prévus trimestriellement, dès que les droits d’auteur atteignent au moins 50 dollars américains.
Pour assurer la transparence et la fiabilité de ces transactions, ASRAPA s’engage à respecter le cadre juridique tchadien et international, y compris l’Accord de Bangui et le droit commercial OHADA. « Le problème n’a jamais été le talent, mais plutôt l’absence de mécanismes pour monétiser ce talent localement », a déclaré Djerabé Ndigngar, fondateur d’ASRAPA, lors de la présentation de la plateforme.
Un autre atout d’ASRAPA est sa bibliothèque musicale déjà bien fournie, avec plus de 20 000 titres tchadiens déjà disponibles avant même son lancement. La plateforme se veut être le reflet de la diversité musicale du pays, en intégrant non seulement de la musique urbaine, mais aussi des répertoires traditionnels, classiques, religieux, ainsi que des sketches et contenus radiophoniques.
Consciente de la diversité technologique des utilisateurs potentiels au Tchad, ASRAPA propose une accessibilité multicanale. En plus d’applications Android et iOS, une version adaptée aux téléphones à touches, notamment via une mini-application KaiOS et un service USSD, garantira une utilisation maximale, même sans connexion Internet. De plus, des « Asra Points » permettront aux utilisateurs dépourvus de smartphone ou de compte bancaire de bénéficier de ses services.
Ce projet audacieux va au-delà du simple streaming. ASRAPA entend structurer l’écosystème des industries culturelles et créatives (ICC) au Tchad. En favorisant la consommation locale, elle espère créer un cycle vertueux d’investissements destinés au développement culturel national.
Le milieu musical tchadien accueille d’ores et déjà cette initiative avec enthousiasme. Pour Magso, une figure de la scène rap tchadienne, ASRAPA offre une opportunité inédite de valoriser le patrimoine musical national. Cependant, il souligne l’importance de garantir l’accessibilité du catalogue, sa bonne organisation, et surtout la transparence des rémunérations.
À son lancement, les utilisateurs pourront télécharger ASRAPA directement sur Google Play et l’App Store, pour ensuite accéder à une vaste base de données musicale. Un guide sera également mis à disposition des artistes, pour les aider à comprendre le fonctionnement de leur tableau de bord et la méthode de calcul de leurs recettes.
En résumé, ASRAPA représente une avancée significative pour l’industrie musicale tchadienne. Par son approche centrée sur les spécificités locales, son lancement pourrait bien marquer le début d’une nouvelle ère pour les créateurs et les consommateurs de musique au Tchad.