Cameroun-UE : le ministre du Commerce prône les investissements
Cameroun et Union européenne : Vers des Investissements Directs pour un Développement Durable
Le ministre du Commerce du Cameroun, Luc Magloire Mbarga Atangana, a récemment reçu une délégation de l’Union européenne (UE) au siège de son ministère à Yaoundé. Cette rencontre, qui a réuni des acteurs importants des deux parties, a été l’occasion de discuter des synergies économiques et des opportunités de collaboration à long terme, en mettant l’accent sur des investissements directs plutôt que sur des aides traditionnelles.
Accompagné de Veronika Boskovic Pohar, l’ambassadrice et cheffe de la délégation de l’UE au Cameroun, Mbarga Atangana a souligné l’importance d’un partenariat consolidé entre le Cameroun et l’Union européenne. La diplomate a mentionné que les deux entités partagent des intérêts communs dans le domaine du multilatéralisme, en insistant sur le fait que le commerce est un vecteur clé pour assurer la stabilité et la prospérité.
Au cœur des discussions figuraient des questions cruciales liées à la transformation locale des ressources camerounaises, en particulier celle des produits phares tels que la banane et le cacao. L’ambassadrice a indiqué que le Cameroun fournit une portion significative de cacao pour le marché européen, avec environ 80 % du cacao consommé dans le pays étant importé. Ce constat met en lumière une opportunité pour le Cameroun de booster sa production cacao et d’améliorer les conditions de rémunération des producteurs locaux, ce qui est essentiel pour le développement durable du secteur.
Luc Magloire Mbarga Atangana a rappelé que l’Union européenne représente un partenaire stratégique pour le Cameroun, en particulier dans le cadre de la mise en œuvre du Règlement européen sur la déforestation (RDUE), qui affecte les secteurs du cacao et du café. Le ministre a également exprimé son soutien à la vision du président Paul Biya en matière d’Accords de partenariat économique (APE), tout en évoquant la nécessité de garantir que le Cameroun soit adéquatement récompensé pour ses efforts.
Les APE ont permis des avancées significatives dans le développement de diverses filières comme celle de la banane, des produits horticoles et du cacao. Cependant, avec l’implémentation de la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf), le ministre a souligné l’urgence de valoriser davantage les matières premières. Il a insisté sur l’importance de transformer les ressources à l’intérieur même du pays, afin de maximiser les bénéfices pour l’économie nationale.
Mbarga Atangana a conclu ses propos en affirmant clairement que le Cameroun recherche des investissements directs au lieu de simples aides. Il a mis en exergue les enjeux liés à la jeunesse camerounaise, évoquant les risques d’immigration que la population encourt en l’absence d’opportunités économiques durables. Il a également plaidé pour une approche intégrée qui prenne en compte la préservation de l’environnement et les besoins des communautés locales, soulignant que des investissements ciblés sont cruciaux pour bâtir un avenir solide.
Cette volonté de diversifier les approches économiques et de renforcer les investissements directs illustre la stratégie du Cameroun pour sa croissance économique, tout en répondant aux attentes des jeunes et en préservant les ressources naturelles. Les discussions entre le ministre du Commerce et la délégation de l’Union européenne constituent donc une étape importante dans la quête de solutions durables pour le développement socio-économique du pays.