Cameroun : préparation en vue pour sauver le cacao face

Règlement européen sur la déforestation : le Cameroun renforce sa filière cacao

À quatre mois de l’entrée en vigueur du règlement de l’Union européenne sur la déforestation (RDUE), le Cameroun intensifie ses efforts pour adapter sa filière cacao aux nouvelles exigences. Ce mardi 25 août 2026, une réunion cruciale s’est tenue sous la présidence du ministre du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana, avec la participation d’une vingtaine d’exportateurs et de transformateurs de cacao. L’objectif de cette rencontre, organisée par le Conseil interprofessionnel du cacao et du café (CICC), était de faire le point sur l’état de préparation de chaque acteur du secteur et d’identifier les difficultés à surmonter pour garantir un accès continu du cacao camerounais au marché européen.

La concertation a également mis en lumière les instruments et dispositifs mis en place par le gouvernement pour répondre aux exigences européennes. Le ministre a souligné que les préparatifs pour la durabilité, la traçabilité et la lutte contre la déforestation ne datent pas d’hier : « Nous travaillons sur ces questions depuis maintenant cinq ans au moins », a-t-il déclaré. Ces efforts témoignent d’une anticipation qui a mené à l’identification des producteurs et à la géolocalisation des parcelles, renforçant ainsi la traçabilité.

Des initiatives telles que le forum de préparation du Cameroun, organisé en juillet 2025, ont montré une couverture presque entière des bassins cacaoyers et caféiers par la géolocalisation. Les Cocoa Days, qui se sont tenus en juillet 2026 à Yaoundé, ainsi que le forum des 5 et 6 août, ont ouvert la voie à des discussions continues sur la mise en conformité avec les normes européennes.

Luc Magloire Mbarga Atangana a exprimé sa confiance en affirmant que le Cameroun est « absolument prêt » à respecter les nouvelles réglementations. Cependant, cette préparation va au-delà d’une simple mise en conformité. Le ministre a insisté sur l’importance d’une reconnaissance économique pour les producteurs. La question de la rémunération des planteurs se révèle primordiale dans ce contexte. « La seule chose que nous attendons, c’est qu’il y ait une contrepartie », a-t-il insisté, soulignant la nécessité d’une rémunération qui réponde aux efforts de durabilité déployés dans la filière.

Alors que le Cameroun se dirige vers l’implémentation des nouvelles normes, l’enjeu ne se limite pas à garantir l’accès au marché européen. Le pays s’efforce également de veiller à une meilleure répartition de la valeur au sein de la filière cacao. Cela implique non seulement de démontrer la conformité du cacao camerounais, mais aussi de s’assurer que cette conformité profite aux producteurs qui se trouvent à la base de la chaîne de valeur.

À l’approche de la campagne cacaoyère 2026-2027, le défi sera donc de sécuriser l’accès du cacao camerounais au marché de l’Union européenne tout en défendant des conditions économiques justes pour les agriculteurs. Une stratégie aux enjeux élevés pour l’avenir de cette filière vitale pour l’économie camerounaise.