Tchad : lancement d’un cadre de concertation humanitaire

Le 4 août 2026, un arrêté crucial a été signé par le Premier ministre du Tchad, l’Ambassadeur Allah-Maye Halina, posant les fondations d’un dispositif essentiel : le Cadre national de concertation humanitaire (CNCH). Ce nouvel organe, placé sous l’égide du ministère de l’Action sociale, de la Solidarité nationale et des Affaires humanitaires, aspire à renforcer l’efficacité et la coordination de la réponse humanitaire au sein du pays, en particulier dans un contexte où la nécessité d’une gestion harmonieuse des crises se fait chaque jour davantage ressentir.

L’objectif principal du CNCH est clair : améliorer la coordination et la cohérence des interventions humanitaires. À travers ses actions, le cadre entend également instaurer une synergie renforcée entre les autorités nationales et les différents acteurs humanitaires, qu’ils soient locaux ou internationaux. Ce dispositif doit assurer une mise en œuvre plus efficace des plans de réponse aux défis humanitaires, tant au niveau national que régional.

Parmi les missions attribuées au CNCH, le renforcement de la coordination sous l’égide du gouvernement figure en priorité. Outre cette fonction cruciale, le cadre est chargé de superviser l’exécution du Plan national de réponse humanitaire, ainsi que d’autres initiatives telles que le plan de réponse aux réfugiés à l’Est du pays et le Plan national de contingence. En parallèle, le CNCH doit également jouer un rôle facilitateur en termes de partage d’informations, veiller à l’alignement des interventions sur les priorités nationales et renforcer le suivi et l’évaluation des actions humanitaires entreprises.

La présidence du CNCH a été confiée à la ministre de l’Action sociale, de la Solidarité nationale et des Affaires humanitaires, position qui souligne l’importance de l’institution au sein de l’appareil étatique. Le rang de premier vice-président a été attribué au Coordonnateur humanitaire des Nations unies, soulignant l’engagement des organismes internationaux dans ce cadre, alors que le secrétaire général du ministère des Affaires étrangères en assume la deuxième vice-présidence.

La structure propose une représentation élargie, comprenant des membres issus de 15 ministères, ainsi que des représentants de la Primature, de la Présidence de la République et du Médiateur de la République. S’y ajoutent des membres du Comité national d’accueil et de réinsertion des réfugiés (CNARR), ainsi que des agents représentant plusieurs agences des Nations unies. Parmi ces dernières figurent l’Organisation des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA), l’Organisation mondiale de la santé (OMS), l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), le Fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF), le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), le Programme alimentaire mondial (PAM) et l’Organisation internationale pour les migrations (OIM).

En complément, deux ONG nationales, deux ONG internationales et divers partenaires techniques et financiers, notamment la Banque mondiale, la Banque africaine de développement (BAD), l’Agence française de développement (AFD) et l’agence humanitaire ECHO, participent en tant qu’observateurs. Une importance toute particulière est accordée au Comité technique de suivi (CTS), établi pour garantir la coordination technique et le suivi opérationnel des activités du CNCH.

Le lancement du Cadre national de concertation humanitaire marque une étape significative pour le Tchad dans la gestion des défis humanitaires, en créant une plateforme de dialogue, de coordination et de coopération entre toutes les parties prenantes engagées dans des actions humanitaires sur le territoire.