Dakar 2026 : des jeunes réfugiés aux JOJ pour la première fois

JOJ Dakar 2026 : Une Équipe de Jeunes Réfugiés Fait Histoire

Pour la première fois, les Jeux olympiques de la jeunesse (JOJ) accueillent une équipe composée uniquement de jeunes réfugiés, marquant un tournant historique pour cet événement sportif. Cette initiative, mise en place pour représenter ceux qui ne peuvent concourir sous le drapeau de leur pays d’origine, voit six adolescents, âgés de 15 à 17 ans, originaires de divers pays de l’Afrique subsaharienne, se préparer à s’illustrer sur la scène internationale. Ces jeunes athlètes vivent actuellement au Kenya et en Ouganda.

Organisée à Dakar, capitale du Sénégal, cette édition des JOJ, qui se déroule jusqu’au 13 novembre, est spéciale à plus d’un titre. Elle marque non seulement la première apparition d’une équipe de réfugiés, mais aussi le premier accueil des jeux par le continent africain. Près de 2 700 athlètes venus du monde entier sont attendus lors de cette compétition qui se tiendra à Dakar, Diamniadio et Saly.

Les six athlètes réfugiés participeront à différentes disciplines, telles que l’athlétisme, le judo et le taekwondo. Tous défileront sous le drapeau olympique, une reconnaissance symbolique du Comité international olympique (CIO) envers ceux qui ont été déracinés. Parmi eux, Florence Masumbe et Rachid Rochene, sprinteurs de 16 ans et originaires de la République démocratique du Congo, se sont réfugiés en Ouganda, où ils ont été découverts grâce à un programme destiné aux réfugiés.

Derrière cette initiative se trouvent plusieurs organisations, guidées par le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) et la Fondation olympique pour les réfugiés. Ces institutions ont travaillé conjointement avec les instances sportives du Kenya et de l’Ouganda pour fournir à ces jeunes une opportunité unique de se mesurer à leurs pairs sur la scène internationale.

L’équipe bénéficiera de l’encadrement de Yiech Pur Biel, ancien athlète de l’équipe des réfugiés lors des Jeux olympiques de Rio en 2016, aujourd’hui membre du CIO et ambassadeur de bonne volonté pour le HCR. Originaire du Soudan du Sud, Biel a lui-même grandi dans le camp de réfugiés de Kakuma, au Kenya, et sert désormais de modèle pour ces jeunes athlètes.

Ces Jeux ne servent pas seulement à couronner des champions, mais aussi à mettre en avant les talents et le potentiel des jeunes réfugiés, souvent confrontés à de nombreux obstacles dans leur quotidien. Le programme Game Connect, qui facilite la transition de la pratique sportive au sein des camps vers une compétition de haut niveau, a joué un rôle crucial dans la découverte et l’accompagnement de ces jeunes talents.

Mais cette participation ne doit pas occulter la réalité complexe et difficile que vivent des millions de jeunes réfugiés à travers le monde. Selon le HCR, plus de 117 millions de personnes sont déplacées de force, dont 39 millions en Afrique subsaharienne. Les enfants, qui représentent près de la moitié de ces déplacés, subissent souvent des interruptions dramatiques dans leur éducation et leur développement personnel dues à la perte de leur domicile et à la séparation de leur famille.

L’organisation et la participation de ces jeunes aux JOJ constitue un message fort : même dans l’adversité la plus extrême, l’esprit humain et le potentiel athlétique peuvent s’épanouir et inspirer le monde entier. Ces Jeux Olympiques de la jeunesse à Dakar ne sont pas seulement une compétition sportive, mais un témoignage de résilience et d’espoir pour tous ces jeunes réfugiés.