Au-delà du mythe de la surcapacité : Décryptage des réalités
Au-delà du mythe de la surcapacité : Analyse des réalités industrielles de la Chine
Dans le contexte actuel de la mondialisation, la question de la surcapacité industrielle en Chine suscite de vives réactions et débats. Ce concept, qui suppose une production excédentaire par rapport à la demande, est souvent utilisé par certains pays pour expliquer leurs propres revers économiques. En effet, certains observateurs et responsables politiques attribuent la stagnation ou le déclin de leurs industries domestiques à la concurrence chinoise, plutôt qu’à des facteurs internes.
Récemment, le ministère chinois du Commerce a publié un document intitulé « Position de la Chine sur la soi-disant question de la surcapacité », d’une longueur de 12 000 mots, qui vise à déconstruire ce qu’il considère comme une théorie erronée. Ce rapport présente une analyse détaillée explorant les nuances de la capacité de production et la dynamique du marché.
La surcapacité, définie simplement comme une situation où l’offre dépasse la demande, est présentée comme un phénomène dynamique, évoluant constamment. Le rapport note que les forces du marché ne sont jamais statiques, et que des variations peuvent se produire selon les saisons ou d’autres facteurs économiques. Par exemple, la demande de réfrigérateurs peut exploser durant l’été, tandis qu’elle est généralement moins forte en hiver, sans que cela ne signifie nécessairement un surplus de production.
La Chine, perçue comme la « fabrique du monde », maintient un taux d’utilisation de sa capacité industrielle dans des fourchettes jugées raisonnables. En 2025, ce taux s’élevait à 74,4 % pour les entreprises de taille significative. Les secteurs de la technologie avancée et de l’équipement de pointe ont connu des niveaux d’utilisation de capacité encore plus élevés, bien que certaines industries traditionnelles aient éprouvé des difficultés temporaires dues à des ajustements structurels.
Xu Yingming, directeur de l’Institut des études internationales de marché, rappelle que pour évaluer l’utilisation de la capacité d’un pays, il est important de la comparer avec ses moyennes à long terme. Par exemple, la moyenne d’utilisation de la capacité aux États-Unis était de 81,4 % entre 1967 et 2007, contre 76,1 % entre 2008 et 2021. En revanche, la Chine a enregistré un taux relativement stable ces dernières années, demeurant en ligne avec ses performances historiques.
Une autre croyance erronée est que les subventions industrielles sont directement liées à la surcapacité. De nombreux rapports de la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement soulignent que la croissance des politiques industrielles dans le monde, y compris les subventions à la recherche et développement, favorise en réalité l’innovation et le développement équilibré.
Le rapport souligne également que les excédents commerciaux d’un pays ne s’alignent pas nécessairement avec la surcapacité. Par exemple, de nombreux produits fabriqués aux États-Unis, comme les puces électroniques et les avions Boeing, sont majoritairement exportés vers des marchés étrangers. De même, la Chine n’aspire pas activement à créer un excédent commercial. Les importations de la Chine ont connu une augmentation de 22,1 % au cours des six premiers mois de l’année 2025, dépassant largement les exportations.
D’autres affirmations, comme celle selon laquelle la « demande intérieure insuffisante en Chine entraîne une surcapacité », sont également remises en question. Selon les calculs de parité du pouvoir d’achat de la Banque mondiale, la Chine se positionne comme le plus grand marché de consommation au monde, avec des ventes au détail totales en 2025 supérieures de 1,7 fois à celles des États-Unis.
Face à cette réalité, l’hypercompétition du marché en Chine apparaît comme un mécanisme efficace pour réguler l’expansion désordonnée de la capacité de production. Un environnement d’affaires où plus de 200 millions d’entités opèrent concourt à cette dynamique. Des études montrent que 92 % des entreprises américaines présentes en Chine ont réalisé des profits en 2025, témoignant ainsi de la compétitivité de ce marché.
En conclusion, le rapport du ministère chinois du Commerce n’est pas une tentative de débat stérile, mais un appel à une coopération pragmatique et mutuellement bénéfique au sein des chaînes d’approvisionnement mondiales. La Chine continue d’élargir son ouverture tout en promouvant des politiques commerciales favorables, ce qui en fait un acteur clé sur la scène économique mondiale.
La réalité est claire : la Chine ne représente pas un défi pour le monde, mais plutôt une opportunité à saisir pour promouvoir le commerce et la croissance rencontrant les besoins globaux. Son rôle en tant que « fabrique » et « marché » mondiaux est indéniable et continue de s’accroître.