Ngonba : une association dénonce des irrégularités

Des irrégularités inquiétantes dans la restructuration du quartier Ngonba

Le samedi 31 octobre 2026, l’Association pour le bien-être communautaire au Tchad (ABEDEC-TCHAD) a attiré l’attention lors d’un point de presse à la Maison du quartier de Walia, dans le 9ᵉ arrondissement de N’Djamena. Au cœur de cette rencontre avec les médias : la restructuration controversée du quartier Ngonba, initiée en 2018. Le coordonnateur national de l’association, Bahyaba Mbellet, dénonce des irrégularités qui ont, selon lui, mené à une situation complexe et conflictuelle.

L’enjeu est de taille. En mars 2018, un procès-verbal, que Mbellet qualifie de « faux », a surpris les résidents du quartier. Ce document, émis par une commission d’attribution de terrains supposément « fictive », était dirigée par M. Gaukam Claude. Ce dernier, sous la direction de l’ancien premier adjoint au maire, M. Hassana Hamit Mahamat, avait été missionné par divers ordres officiels en 2017 et 2018. À la liste des bénéficiaires rattachée au procès-verbal, l’association voit une source persistante de conflits fonciers.

Le problème ne date pas d’hier. En février 2017, une autre commission de distribution de terrains avait prétendument exercé ses fonctions, composée d’agents du ministère de l’Aménagement du territoire, de la mairie, et du 9ᵉ arrondissement. Selon ABEDEC-TCHAD, cette commission aurait outrepassé ses prérogatives en dérogeant au décret n° 08-1312/PR/PM/MATUH/2008, qui encadre les attributions foncières en milieu urbain.

L’association souligne des anomalies administratives, notamment la délivrance d’actes de propriété à des bénéficiaires de ces attributions contestées. Les recours auprès des services juridiques ont été infructueux pour certaines victimes. Mbellet s’interroge : « Comment ces attributions fictives trouvent-elles une issue favorable auprès des services fonciers de l’État ? ».

Parallèlement, les efforts de développement local semblent entravés. Un site prévu pour un centre de santé publique a été le théâtre de tensions croissantes. Bien que les travaux aient été officiellement suspendus en 2025 par ordonnance et décision administrative, les engins de construction ont repris leur activité fin octobre 2026. Selon l’association, ce terrain, initialement offert par un particulier, n’est pas destiné à l’urbanisme mais est vital pour le centre de santé qui, depuis sa création, opère en location.

ABEDEC-TCHAD appelle ainsi l’intervention immédiate des plus hautes autorités, y compris celle du président de la République. L’objectif : clarifier la situation, annuler les attributions décriées et rendre les terrains à leurs propriétaires légitimes. L’association insiste sur la nécessité de réévaluer et, si nécessaire, de reprendre intégralement le plan de restructuration. Le but ultime est de désenclaver le quartier Ngonba, souvent impraticable durant la saison des pluies.

La situation dans le quartier Ngonba, prise en otage par les complexités administratives et foncières, demande désormais une attention urgente et des actions concrètes pour préserver la paix sociale et favoriser un développement équitable et transparent.