Nomination de deux nouveaux responsables par décret présidentiel

Le 14 août 2026, le président de la République a annoncé un remaniement à la tête de l’Autorité Indépendante de Lutte contre la Corruption (AILC) à travers le décret numéro 2154. Ce décret met fin aux fonctions d’Ousmane Abdoulrahmane Djégourou en tant que contrôleur général et de Fatima Abdel Karim Soumaila en tant que contrôleur général adjoint. Ces changements ont été menés dans un climat de tension liée à l’affaire AILC-SHT-ANSE.

Dans le cadre de ce même décret, Ndieudou Thébdoï Gérard a été nommé nouveau contrôleur général de l’AILC, et Mohamed Saleh Youssouf Wachon a pris les fonctions de contrôleur général adjoint. Tous deux possèdent une solide expérience dans le domaine judiciaire, le premier ayant occupé le poste de premier substitut du procureur général et le second celui de procureur général à la cour d’appel d’Aného.

Cette réorganisation survient après des événements ayant frappé l’AILC, notamment un incident lors duquel la coopération avec l’Agence Nationale de Sécurité de l’État (ANSE) a été mise à rude épreuve. Le 12 août, l’AILC avait émis un communiqué accusant l’ANSE d’interférer dans ses opérations alors que ses agents effectuaient une mission de surveillance au sein de la Société Tchadienne des Hydrocarbures (SHT). Parmi les incidents recensés, des contrôleurs ont été arrêtés et retenus pendant plusieurs heures, une situation jugée préoccupante par l’AILC qui a vigié contre ce qu’elle qualifie d’atteinte à l’indépendance de son fonctionnement.

Répliquant à ces accusations, la SHT a de son côté publié un communiqué le 13 août condamnant les actions des contrôleurs de l’AILC, les accusant d’avoir retenu contre son gré la directrice des affaires commerciales de l’entreprise.

Ce décret présidentiel entend marquer un nouveau départ pour l’AILC en mettant en place une direction susceptible d’apaiser les tensions. La mission principale de la nouvelle équipe sera de renforcer la lutte contre la corruption tout en assurant une coopération institutionnelle harmonieuse avec d’autres entités gouvernementales.

Dans un contexte où la lutte contre la corruption est devenue une priorité nationale, ces nominations viennent rappeler l’importance de l’engagement et de l’intégrité des institutions chargées de maintenir une gouvernance transparente et efficiente. Les nouveaux responsables sont attendus pour insuffler un nouvel élan et restaurer la confiance du public dans les efforts anti-corruption du pays.

Les détails des actions futures de l’AILC sous cette nouvelle direction restent à préciser, mais la continuité de sa mission, dans le respect des lois et de l’indépendance institutionnelle, sera certainement au cœur des priorités de cette nouvelle équipe dirigeante.