RDC : 10 ans de travaux forcés pour Constant Mutamba dans l’affaire
RDC : Condamnation de Constant Mutamba dans l’affaire FRIVAO
La Cour de cassation de Kinshasa a prononcé, ce vendredi 18 septembre 2026, une sentence significative à l’encontre de Constant Mutamba, ancien ministre d’État, ministre de la Justice et Garde des Sceaux de la République démocratique du Congo (RDC). M. Mutamba a été condamné à 10 ans de travaux forcés pour son implication dans l’affaire FRIVAO (Fonds de réparation et d’indemnisation des victimes des activités illicites de l’Ouganda en RDC). Son coaccusé, Chançard Bolukola, qui occupait le poste de coordonnateur intérimaire du FRIVAO, s’est vu assigné une peine de 7 ans de travaux forcés.
Les accusations portées contre les deux hommes concernent des décaissements présumés irréguliers de plus de 20 millions de dollars, initialement destinés à l’indemnisation des victimes. Le ministère public avait préalablement requis une peine de quinze ans de travaux forcés contre Mutamba, ce qui rend le jugement final inférieur aux attentes de l’accusation. En outre, les deux accusés sont également privés de leurs droits de vote et d’éligibilité pour une durée de cinq ans, et ne pourront prétendre à aucune fonction publique ou paraétatique, ni être éligibles à une réhabilitation.
Cette décision judiciaire intervient après plusieurs reports d’audience qui ont alimenté les spéculations quant à l’issue du procès. Il s’agit de la deuxième condamnation notable pour Constant Mutamba. En septembre 2025, il avait déjà été jugé coupable et condamné à trois ans de travaux forcés, dans une affaire distincte, concernant la construction d’une prison à Kisangani et impliquant un détournement d’environ 20 millions de dollars. Cette sanction s’accompagnait également d’une interdiction de cinq ans relative à l’éligibilité.
Les deux affaires confirment le contexte de lutte contre la corruption au sein des institutions de la RDC, mettant en exergue des comportements constitutifs d’abus de pouvoir et de détournement de fonds publics par des figures de haute autorité. Le cas Mutamba s’inscrit dans une série d’actions du gouvernement visant à renforcer l’intégrité et la transparence dans la gestion des finances publiques, une tâche capitale dans un pays souvent confronté à des défis de gouvernance.
Pour de nombreux observateurs, ces verdicts signalent une volonté manifeste d’asseoir la justice et la responsabilité au plus haut niveau de l’État congolais. La Cour de cassation a clairement indiqué que des manquements à l’honnêteté administrative et à la confiance publique ne resteraient pas impunis.
Alors que la RDC continue de faire face à des défis socio-économiques et politiques, la lutte contre la corruption reste une priorité nationale. À cet égard, le cas de Constant Mutamba et de Chançard Bolukola pourrait servir d’avertissement à d’autres responsables tentés par des pratiques similaires.
Enfin, la société civile et les organisations internationales suivront de près l’application des peines et les répercussions de ce procès sur le climat politique et administratif du pays. Cette affaire pourrait également jouer un rôle dans la perception internationale de la RDC, influençant potentiellement les relations diplomatiques et économiques futures du pays.