RDC : l’Ebola continue de progresser, avertit le CDC Afrique
RDC : L’épidémie d’Ebola encore loin de son pic selon CDC Afrique
La République démocratique du Congo (RDC) se trouve toujours en pleine lutte contre l’épidémie d’Ebola, avec des incertitudes quant à l’évolution de la crise. Selon le Centre africain de contrôle et de prévention des maladies (CDC Afrique), les données actuelles ne permettent pas encore de confirmer que le pic de l’épidémie a été atteint. Jean Kaseya, directeur général du CDC Afrique, a souligné ce point lors d’un point de presse jeudi dernier, affirmant que la transmission du virus n’était pas maîtrisée de manière constante.
Au 17 août, la RDC avait recensé un total de 7 404 cas confirmés, dont 3 577 décès, ce qui équivaut à un taux de létalité de 48,3 %. Malgré la guérison de 1 776 patients, la situation sanitaire demeure critique. Le dernier rapport de situation du gouvernement congolais met en évidence quelques signaux encourageants, notamment une légère baisse du nombre de cas dans la province de l’Ituri, anciennement épicentre de l’épidémie. Toutefois, M. Kaseya a averti que cette diminution ne se traduisait pas encore en une baisse durable au niveau national, rappelant que des fluctuations avaient déjà été observées par le passé.
Pour comprendre pleinement la situation, il est nécessaire de disposer de données fiables et comparatives sur les niveaux des provinces et des zones de santé. Wessam Mankoula, un autre responsable du CDC Afrique, a ajouté que les épidémies peuvent présenter plusieurs pics épidémiologiques au lieu d’un seul. Ainsi, un contrôle plus efficace des chaînes de transmission est crucial. Cela inclut la gestion des contacts, la détection rapide des cas et des décès communautaires, ainsi que l’isolement géographique de l’épidémie pour éviter sa propagation.
La surcharge des infrastructures médicales dans la province voisine du Nord-Kivu représente également un défi majeur. Selon le CDC Afrique, 316 patients sont hospitalisés pour seulement 220 lits disponibles, entraînant un taux d’occupation de 143,6 %. De plus, près de 42,1 % des patients hospitalisés se trouvent dans des structures qui ne répondent pas aux normes requises.
Les lacunes dans le suivi des contacts sont également préoccupantes. Environ 32 000 personnes figurent actuellement sur les listes de suivi, soit seulement 27 % du nombre estimé de personnes nécessitant une surveillance appropriée. Une amélioration dans ce domaine est essentielle pour renforcer les efforts de riposte.
Dans ce contexte difficile, le directeur général de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, a signalé certains signes positifs émergeant des zones les plus touchées, notamment en Ituri. Cependant, il reste crucial de continuer à concentrer les efforts sur une gestion efficace de l’épidémie afin de réduire sa propagation.
L’épidémie actuelle en RDC est désormais reconnue comme la plus grande et la plus meurtrière jamais enregistrée dans le pays, dépassant celle de 1995 à Kikwit. Elle est également la deuxième plus importante au monde, après celle ayant frappé l’Afrique de l’Ouest entre 2014 et 2016. Face à l’ampleur du défi, la communauté internationale est appelée à renforcer son soutien à la RDC pour contenir et éradiquer l’épidémie.