Sarh : Hassa Lago se remémore les fêtes d’indépendance

Sarh : Hassa Lago se souvient des anciennes fêtes de l’indépendance

Le 11 août marque le jour de la fête de l’indépendance pour le Tchad, un moment de commémoration qui a perdu de son éclat, selon les récits des anciens témoins. Hassa Lago, professeur de français au Lycée technique industriel de Sarh, nous replonge dans les riches festivités des années passées.

Né peu après l’indépendance du pays en 1964, Hassa Lago se souvient particulièrement des célébrations des années 1970. À cette époque, les festivités étaient parfois reportées à janvier à cause des pluies abondantes d’août. Entre 1973 et 1975, Sarh devenait le centre d’attraction pour les résidents de diverses localités de l’ancien Grand-Moyen-Chari, telles que Kyabé, Maro, Bédaya, Bessada et Koumra.

« Dès les premiers jours de janvier, Sarh s’animait considérablement. Les festivités s’étendaient jusqu’au jour de la fête, attirant une foule considérable à la Place de l’Indépendance », se remémore-t-il. Les jeux populaires, comme celui où les participants tentaient de casser une jarre suspendue les yeux bandés, étaient très prisés. Ces jarres cachaient parfois des cadeaux, ajoutant à l’engouement des participants.

Outre les jeux, d’autres compétitions et animations mettaient au défi l’habileté des participants, qui tentaient d’attraper des objets placés sur des supports inaccessibles. Ces activités rendaient la ville bruyante et vivante. Pour Hassa Lago, la grandeur de ces festivités résidait surtout dans l’importance accordée à la culture locale. La diversité des danses traditionnelles présentées permettait aux participants de découvrir la richesse culturelle des différentes communautés tchadiennes.

Les célébrations, qui duraient parfois plusieurs jours, étaient synonymes de rassemblement, de divertissement et de partage culturel. Comparant ces événements passés aux célébrations modernes, Hassa Lago dénote une perte notable de l’esprit festif et culturel. « Aujourd’hui, la fête de l’indépendance se réduit souvent à des cérémonies officielles, défilés militaires et prises d’armes, déplore-t-il. D’autres dates commémoratives semblent avoir pris le dessus dans l’agenda national. »

Selon lui, il est crucial de rappeler que l’indépendance est avant tout un événement historique significatif. « Nous devons organiser davantage d’activités permettant à la population de se réunir et de redécouvrir son patrimoine culturel », affirme-t-il. Plus d’efforts pour valoriser les danses traditionnelles aideraient peut-être la jeune génération à apprécier leur propre culture.

Hassa Lago est convaincu que restaurer l’aspect festif et culturel des célébrations d’antan donnerait au 11 août une place renouvelée dans la mémoire collective des Tchadiens. Pour lui, c’est un moment où le passé et le présent pourraient se rencontrer, reflétant à la fois les réussites et les défis de la nation.