Sarh : trois enfants décèdent après une circoncision artisanale

Sarh : tragédie après une circoncision non médicalisée

Trois enfants ont tragiquement perdu la vie dans le quartier Kissimi, au 6e arrondissement municipal de Sarh, après avoir subi une circoncision réalisée dans des conditions non médicalisées. Les événements ont eu lieu le 22 août 2026, lorsqu’un ancien gardien de l’Hôpital provincial Outel Bono aurait procédé à la circoncision de cinq enfants d’une même famille. La situation a rapidement dégénéré, entraînant la détérioration rapide de l’état de santé des enfants, causant la mort de trois d’entre eux.

Mamara Eric, le père des enfants, a récemment raconté les circonstances qui ont conduit à cette tragédie. Il a expliqué qu’il se trouvait à Moundou lorsque le décès de sa belle-sœur l’a contraint à retourner à Sarh. C’est alors qu’un voisin, ancien gardien d’hôpital et ami, lui aurait proposé de circoncire ses enfants. En raison de problèmes financiers, la famille a d’abord hésité, mais voyant la rentrée scolaire approcher et ses enfants atteignant l’âge requis, le père a finalement accepté l’offre.

Mamara Eric a acheté, comme requis, des médicaments d’une valeur de 25 000 FCFA. Le jour de l’intervention, il ne possédait que 2 000 FCFA pour payer le voisin qui lui a assuré qu’il paierait plus tard. Le drame a commencé dès la soirée suivant l’intervention : les enfants ont souffert de fortes douleurs et ont passé une nuit sans sommeil. Inquiet, le père a contacté l’intervenant qui a promis de soigner les enfants en leur administrant quelques injections de dexaméthasone avant de retirer leurs bandages.

Trois jours après l’intervention, deux des enfants sont décédés, rapidement inhumés. Le troisième enfant est décédé le 26 août 2026, et son corps repose actuellement à la morgue sur instructions du commissaire central de Sarh.

Dr Nande Doubre Modeste, responsable de l’unité de néonatologie à l’Hôpital provincial Outel Bono, suspecte que les enfants aient été victimes de tétanos, une infection bactérienne sévère causée par Clostridium tetani, qui se propage via des plaies contaminées. Le médecin explique que le tétanos peut survenir lorsque des procédures médicales sont réalisées avec du matériel souillé ou dans des environnements non hygiéniques.

Dr Nande Doubre Modeste avertit que la circoncision est un acte chirurgical devant être réalisé uniquement par des professionnels qualifiés et dans des conditions conformes aux normes d’hygiène et de sécurité. Il déconseille vivement les parents de se tourner vers des praticiens non certifiés dans les quartiers, car « le recours à des pratiques traditionnelles ou clandestines expose les enfants à de graves complications voire à la mort. »

Suite à ces décès, l’ancien gardien de l’hôpital, présumé responsable des circoncisions, est actuellement en détention à la Brigade de recherches de Sarh, en attendant sa comparution devant la justice. Cette tragédie met une fois de plus en lumière les dangers des interventions médicales non qualifiées dans les communautés, et souligne la nécessité d’un accès universel à des soins de santé adéquats pour éviter de tels drames.