Tchad : Agriculture et élevage booster du premier trimestre 2026

Tchad : L’agriculture et l’élevage dynamisent l’économie au premier trimestre 2026

Le Tchad continue de s’affirmer comme une économie soutenue par ses secteurs clés, à savoir l’agriculture et l’élevage, selon la Note de Conjoncture du premier trimestre 2026. L’analyse approfondie de ce rapport dévoile des points de performance variés et met en lumière les défis que le pays devra relever.

Agriculture et élevage : une base solide

L’agriculture, tant vivrière que de rente, enregistre des taux de croissance encourageants. Notamment, la production de maïs a augmenté de 10,0 % par rapport à l’année précédente. Les cultures de rente, telles que l’arachide et le coton, progressent également, avec des hausses respectives de 7,2 % et 5,0 %. Le secteur de l’élevage, traditionnellement un pilier de l’économie tchadienne, affiche une robuste performance, avec des croissances annuelles variant entre 8,6 % et 12,9 % selon les espèces.

En termes de pêche, bien que le secteur ait connu un rebond exceptionnel au trimestre, avec une hausse de 60,3 % par rapport aux précédents, il a néanmoins enregistré une contraction annuelle de 21,7 %. Cette situation soulève des préoccupations, et il sera crucial de surveiller l’évolution de cette branche dans les mois à venir.

Industrie : des disparités notables

Le secteur industriel présente un tableau contrasté. D’un côté, plusieurs segments affichent une performance soutenue. La production de ciment et de coton fibre a connu une augmentation spectaculaire de 20,9 %. Les secteurs de l’eau et de la viande affichent également des hausses respectives de 7,2 % et 4,6 %. Cependant, d’autres domaines, comme le pétrole raffiné, l’industrie brassicole et la production d’électricité, enregistrent des baisses significatives, respectivement de 13,3 %, 10,0 % et 7,6 %. Ces diminutions sont imputées à des contraintes techniques et logistiques auxquelles le secteur doit faire face.

Ces disparités soulignent les défis continus en matière de capacités de production industrielle, particulièrement dans le secteur de l’énergie. Les autorités et les acteurs économiques seront appelés à résoudre ces problèmes pour stabiliser et renforcer la base industrielle du pays.

Dépenses publiques : une inquiétude croissante pour l’investissement

Sur le plan budgétaire, les dépenses totales ont atteint 521,51 milliards de FCFA au premier trimestre 2026, soit une augmentation de 79,5 % en glissement annuel. Cet accroissement est principalement alimenté par les charges de personnel et les transferts. Cependant, l’investissement public montre une tendance préoccupante, avec une chute passant de 437 milliards de FCFA au quatrième trimestre 2025 à seulement 237 milliards de FCFA au premier trimestre 2026. Ce déclin est attribué à une réduction des financements extérieurs, un signal d’alerte pour l’économie tchadienne qui dépend de l’investissement public pour sa diversification économique.

Un panorama révélateur des défis à venir

L’analyse de ces données met en lumière un fait marquant : les secteurs primaires, tels que l’agriculture et l’élevage, sont les principaux moteurs de la croissance économique, tandis que l’industrie de transformation et les investissements publics peinent à progresser à un rythme comparable. Cette situation interpelle sur la capacité du Tchad à valoriser ses matières premières localement et à maintenir un niveau d’investissement solide dans les trimestres à venir.

Ainsi, tout en bénéficiant d’une fondation agricole et pastorale dynamique, le pays devra faire preuve de résilience et d’innovation pour surmonter ses défis dans les secteurs industriels et d’investissement, assurant ainsi une croissance inclusive et durable à long terme.

Ce panorama économique du Tchad pour le premier trimestre 2026 s’inscrit dans un contexte où les enjeux de développement économique restent d’actualité, et il sera essentiel pour le gouvernement et les acteurs économiques de prendre des mesures proactives pour répondre à ces défis.

Source : Note de Conjoncture du Premier Trimestre 2026, Ministère des Finances, du Budget, de l’Économie, du Plan et de la Coopération Internationale.