Tchad : indépendance et défis de stabilité, selon Pr Hassan

Indépendance et Défis du Tchad : Une Quête Continue pour la Stabilité et la Construction de l’État

Soixante-six ans après l’indépendance du Tchad, le pays continue de faire face à des défis majeurs liés à la stabilité et à la construction d’un État de droit. Dans une interview avec Tchadinfos, le professeur Ahmat Mahamat Hassan, juriste et politologue, donne son analyse sur la trajectoire du Tchad depuis l’indépendance, mettant en lumière les problématiques contemporaines.

Le retour sur l’indépendance ne peut s’envisager sans évoquer la conférence de Brazzaville de 1944. Pr Ahmat Mahamat Hassan rappelle que de nombreux Africains avaient combattu aux côtés des forces françaises durant la Seconde Guerre mondiale. Cette implication, marquée par de nombreux sacrifices, n’a pas été pleinement reconnue, selon lui. La conférence de Brazzaville, organisée par le général de Gaulle, a ouvert la voie à une remise en question de l’ordre colonial, influençant ainsi le processus d’indépendance des pays africains.

Le Tchad a obtenu son indépendance le 11 août 1960, dans le cadre de négociations avec la France, contrairement à d’autres pays comme l’Algérie qui ont dû se battre pour cette autonomie. Bien que le débat autour de la décolonisation soit largement dépassé aujourd’hui, il nourrit toujours les discussions sur le néocolonialisme et le panafricanisme.

Pour le politologue, le véritable défi pour le Tchad et d’autres nations africaines reste la stabilité de l’État. Les États issus de la vague d’indépendances africaines cherchent encore à consolider leur stabilité politique et institutionnelle. Au Tchad, cette instabilité se manifeste par la contestation de l’autorité de l’État central, parfois par la violence.

Selon Pr Ahmat Mahamat Hassan, la violence persiste comme principal obstacle à la stabilité nationale. « Une partie des fils du Tchad pense encore que le recours à la violence est nécessaire pour se faire entendre », déclare-t-il, soulignant l’urgence de renforcer l’État de droit et de promouvoir un dialogue national inclusif. Ces actions sont cruciales pour diminuer les tensions et encourager la réconciliation nationale, permettant de rompre définitivement avec la violence comme mode d’expression politique.

Dans les dix prochaines années, le Tchad doit consacrer ses efforts à ces objectifs, tout en adressant un double devoir. Premièrement, honorer la mémoire des soldats tchadiens ayant combattu pour la liberté. Deuxièmement, œuvrer à un avenir où le dialogue politique remplace les conflits armés.

Le professeur Hassan conclut en indiquant que malgré l’existence de frontières, d’un drapeau et d’institutions, la fragilité du pouvoir central empêche encore le Tchad de jouir pleinement de son indépendance. La consolidation des structures étatiques est donc essentielle pour assurer un futur paisible et prospère pour le pays.