Djimet Sou Bogmal : l’éducation au cœur de l’indépendance

Djimet Sou Bogmal: Un Pilier de l’Éducation et Gardien de la Mémoire de l’Indépendance au Tchad

À l’occasion de la fête de l’indépendance du Tchad, célébrée le 11 août, nous mettons en lumière la vie inspirante de Djimet Sou Bogmal, un enseignant à la retraite dont l’engagement pour l’éducation a marqué la province du Moyen-Chari.

Né en 1947 dans le village de Mandimba, près de Sarh, Djimet Sou Bogmal a grandi dans un contexte de changements significatifs. En tant que témoin des premières années de l’indépendance tchadienne, il conserve aujourd’hui des souvenirs vifs de cette époque. À 79 ans, il évoque les premiers défilés marquant le 11 août 1960, date de l’indépendance du Tchad.

« Dans les rues de Sarh, nous définitions au son des chants traditionnels, des tam-tams et des danses », se remémore-t-il. C’était une époque où la joie de l’indépendance imprégnait toutes les couches de la société. Djimet se rappelle également des discours inspirants du premier président du Tchad, François Tombalbaye, et de l’atmosphère festive qui entourait ces commémorations.

Engagé dans le domaine de l’éducation, Djimet a débuté sa carrière en tant que moniteur en 1963, à seulement 17 ans. Grâce à des concours et des formations, il a gravi les échelons pour devenir instituteur, contribuant ainsi à l’éducation de nombreuses générations d’enfants en leur enseignant les bases de la lecture, de l’écriture et du calcul.

Pour Djimet Sou Bogmal, l’indépendance dépasse le simple cadre historique. C’est un symbole de responsabilité professionnelle et de dévouement envers l’éducation, aspects qu’il estime parfois oubliés de nos jours. « À l’époque, l’enseignement était pris très au sérieux. Le président, François Tombalbaye, lui-même enseignant de formation, voyait dans les éducateurs les piliers du développement du pays », explique-t-il.

Djimet regrette cependant ce qu’il considère être une baisse de respect et de reconnaissance pour la profession enseignante aujourd’hui. Il déplore également le manque d’enthousiasme des célébrations actuelles par rapport à la ferveur des premiers jours post-indépendance. Selon lui, la jeunesse actuelle devrait davantage comprendre et valoriser l’importance historique du 11 août.

Bien que retraité, Djimet Sou Bogmal n’a jamais cessé de servir l’éducation. Il a fondé l’école « La Deuxième Chance de Sarh », offrant ainsi aux jeunes une nouvelle opportunité de formation et de réussite. Profondément attaché à sa communauté, il n’hésite pas à consacrer du temps à l’entretien de l’école, témoignant ainsi de son dévouement inébranlable.

Outre son implication dans le domaine de l’éducation, Djimet est actif au sein de l’Église et consacre ses loisirs à la lecture. Son parcours le révèle non seulement comme un gardien de l’histoire vivante du Tchad, mais aussi comme un acteur engagé en faveur de la transmission des valeurs de l’indépendance aux nouvelles générations.

En retissant les fils de son passé et de son engagement présent, Djimet Sou Bogmal incarne la continuité d’un héritage, celui de la liberté et de l’éducation, qu’il souhaite transmettre avec ferveur et intégrité aux générations futures. Pour lui, l’indépendance est une cause vivante, un idéal à cultiver jour après jour dans l’esprit des jeunes, futurs bâtisseurs du Tchad.