Greffiers : menace de grève

Le 31 août 2026 marque le début d’une période de tensions dans le secteur judiciaire au Tchad, alors que le Syndicat national du personnel des greffes (SYNAPGREF) entame un préavis de grève de deux semaines à la suite d’une assemblée générale extraordinaire tenue le 28 août dernier à la Cour d’appel de N’Djaména.

Lors de cette assemblée, deux principaux points de discorde ont été abordés. Le premier concerne la revalorisation des indemnités des greffiers et l’instauration d’une prime annuelle de rendement. Le SYNAPGREF a exprimé son mécontentement face à l’absence de progrès sur ces questions et dénonce ce qu’il considère comme un manque de volonté politique du ministère de la Justice. Malgré une demande formelle de rencontre adressée au ministre de la Justice depuis le 9 juin 2026, le syndicat affirme n’avoir reçu aucune réponse, ce qui le pousse désormais à exiger une convocation immédiate et inconditionnelle de la commission interministérielle.

Un second sujet de mécontentement relève d’une série de notes circulaires émises par le président du Tribunal de grande instance de N’Djaména. Ces notes, perçues avec beaucoup de surprise par le syndicat, demandent aux greffiers de consigner la composition du tribunal et de rédiger des notes d’audience après chaque audience correctionnelle. Le SYNAPGREF qualifie ces instructions d’abus d’autorité et de pouvoir, déplorant une confusion entre notes et résultats d’audience.

En parallèle de ces revendications, le syndicat s’est également opposé à la présence de stagiaires non greffiers œuvrant dans les greffes du palais de justice de N’Djaména. Selon les membres du syndicat, certains de ces stagiaires effectueraient des tâches réservées exclusivement aux greffiers, en violation de la loi N°001/PCMT/2022 du 15 mars 2022 régissant le statut du personnel des greffes. Le SYNAPGREF exige ainsi leur retrait immédiat et sans condition par le ministère de la Justice.

Pour conclure l’assemblée générale, le président du SYNAPGREF, Me Ngartebaye Enoch, a exhorté l’ensemble des greffiers à rester unis et mobilisés dans cette lutte syndicale, qu’il considère comme la seule voie pour obtenir le respect de leurs droits conformément aux lois de la République.

Une nouvelle assemblée générale extraordinaire est prévue le 16 septembre prochain pour faire le point sur la situation et envisager de nouvelles actions syndicales si aucune avancée significative n’est constatée dans les discussions avec le ministère de la Justice. Les répercussions potentielles de ce mouvement de grève sur le système judiciaire du pays restent à voir, alors que la fermeté du SYNAPGREF souligne un climat de tensions croissantes entre les différentes parties prenantes du secteur judiciaire tchadien.